Carnets de voyages en Italie et méditerranée

Le Caravage, l’itinéraire impossible d’un génie impétueux

Portrait du Caravage à la craie

Portrait du Caravage à la craie sur papier, par Ottavio Leoni vers 1621, soit 11 ans après la mort du maîtreOttavio Leoni [Public domain], via Wikimedia Commons

Michelangelo Merisi est mort tristement, comme n’importe quel quidam du 17ème siècle, sur une plage écrasée par le soleil de l’été à Porto Ercole, le 18 juillet 1610 à l’age de 38 ans. Cette fin misérable au bout d’une courte vie, marquée par tous les excès et par la fuite, ajoute encore à la légende de celui qui sous le nom de Caravage est de nos jours l’un des artistes les plus adulés. Plus qu’à l’étude de son œuvre, que nous laisserons volontiers aux spécialistes chevronnés, nous allons nous attacher à retracer le parcours (stricto sensu) qui mena ce jeune homme à la fois génial et fougueux de Milan à Malte, en passant par Rome et Naples, jusqu’à cette plage plage de Toscane…

Autour de la Piazza Mercato, les vestiges de la Naples médiévale

Via del Lavianaio à Naples

Les rues qui mènent du Corso Umberto à la Piazza Mercato montrent le visage d’une Naples populaire inconnue des touristes et de beaucoup de napolitains, et pourtant une grande banderole « benvenuto al Mercato » vous accueille dès que vous quittez le grand boulevard. Alors ? On y va ?Crédit photos www.viaggio-italia.fr sous licence Creative Commons

Voici un quartier de Naples dont on ne parle jamais, où jamais un groupe de touristes ne risquera d’y aventurer son Pullman ; commençant à deux pas de la Gare Centrale et coincé entre le long et rectiligne Corso Umberto et la zone portuaire ; le quartier du Mercato est l’un des plus populaires, par endroit des plus délabrés de Naples, et probablement l’un des plus intéressants ! Suivez-nous, sans crainte autour de la Piazza Mercato sur les traces de la Naples médiévale.

San Domenico Maggiore et la Cappella Sansevero, le cœur de Spaccanapoli

Sacristie de San Domenico Maggiore Naples

Sous la fresque de Solimena une galerie fait le tour de la sacristie de San Domenico Maggiore, recevant les sarcophages de nombreux rois aragonais de Napels, ainsi que de leurs familles.Crédit photos www.viaggio-italia.fr sous licence Creative Commons

De Spaccanapoli nous vous avons déjà expliqué l’organisation issue des decumanii grecs et romains, nous vous avons montré les splendeurs de Santa Chiara, vanté les Babàs de Scaturchio. Nous vous avons également invités à venir prendre un verre avec nous et les étudiants de l’Université Orientale de Naples sur la Piazza San Domenico Maggiore. Et bien restons autour de cette place et regardons autour de nous, de la façade mauresque du quartier général de l’ordre dominicain à la voisine chapelle Sansevero et son Christ voilé, nous avons beaucoup à faire !

Cumes, aux origines de Naples

Temple d'Apollon Cumes

Le Temple d’Apollon est l’un des deux Temples du site archéologique de Cumes Crédit photos www.viaggio-italia.fr sous licence Creative Commons

Si l’on exclut Ischia (Pithécusse pour les grecs) qui n’était probablement qu’un comptoir commercial, Cumes fondée vers 750 avant J.-C., par des colons grecs eubéens poussés par le croissance démographique de l‘époque, est la première colonie Grecque d’occident. D’autres colonies grecques viendront ensuite peupler les côtes de la Campanie, de la

Les volcans de la baie de Naples

Naples et le Vésuve

La lourde silhouette du Vésuve menace en permanence Naples et ses environsCrédit photos www.viaggio-italia.fr sous licence Creative Commons

On le sait, tout à Naples est incandescent, autant la terre que le cœur des hommes… En effet, ce n’est sûrement pas un hasard si Naples est la ville de tous les excès, si le fatalisme serein et la présence quotidienne des morts y sont plus prégnants qu’ailleurs car, aussi loin que remonte son histoire, Naples et sa baie ont eu à subir les humeurs dévastatrices de la nature qui pourtant leur avait tant donné ! Tout le paradoxe est ici : Naples est encerclée par les volcans qui au fil de leurs éruptions ont fertilisé les sols de la felis campania (la campagne heureuse) au point d’en faire un jardin d’Éden où tout et n’importe quoi peut pousser dans des proportions déraisonnables, et, de l’autre côté, cette même baie est le théâtre de catastrophes naturelles uniques en Europe par leur ampleur et leur fréquence. Après avoir déjà consacré un article aux tremblements de terre qui agitent l’Italie, nous allons nous attarder longuement sur les volcans de la baie de Naples, pour un voyage passionnant.

La crèche napolitaine, tout l’art et l’esprit de Naples

Détail d'une crèche de la Basilique San Paolo Maggiore de Naples, illustrant une scène de la vie quotidienne aux 18ème ou 19ème siècle.

Détail d’une crèche de la Basilique San Paolo Maggiore de Naples, illustrant une scène de la vie quotidienne aux 18ème ou 19ème siècle.Crédit photos www.viaggio-italia.fr sous licence Creative Commons

La crèche napolitaine est à l’origine une représentation artisanale des scènes de la Nativité et présente à ce titre un certain ombre de personnages « imposés » : l’enfant-Jésus, les rois-mages, les parents de Jésus, etc. Contrairement à une idée reçue, très répandue, l’art des santons et de la crèche napolitaine n’est pas d’origine populaire mais bien la déclinaison d’une tradition des riches familles napolitaines qui, seules, avaient les moyens suffisants pour rémunérer les artistes en charge les réaliser.

Visiter les quartiers espagnols de Naples et y manger

Vue des quartiers espagnols de Naples

Les rues en pente des Quartiers Espagnols remontant vers la colline du Vomero, le linge séchant dans la rue et aux fenêtres, les modestes bassi – habitations d’une seule pièce situées au rez-de-chaussée des immeubles-, rassemblent une bonne part de l’imaginaire autour de Naples.Crédit photos www.viaggio-italia.fr sous licence Creative Commons

L’histoire des quartiers espagnols de Naples se rattache à celle de la domination espagnole sur la ville. Les vices-rois espagnols qui gouvernent le royaume de Naples, définitivement perdu par les français (alliés de circonstance des napolitains) en 1504 au profit de l’empire espagnol, ont apposé leur marque sur ce qui est à la fois la deuxième ville la plus peuplée d’Europe après Paris et la plus peuplée de l’empire espagnol. Dès lors ces vices-rois vont remodeler la ville, traçant la Via Toledo à l’emplacement des anciens fossés qui

Amalfi, la brillante et improbable République Maritime

Le Duomo d'Amalfi vu depuis la place centrale

La splendide Cathédrale d’Amalfi, richement décorée, et son grand escalier donnent une idée de la splendeur passée de la République Maritime d’AmalfiCrédit photos www.viaggio-italia.fr sous licence Creative Commons

Même sur la place qui fait face au majestueux Duomo,  il est bien difficile de nos jours d’imaginer que Amalfi, cette petite ville de 6000 habitants à 70 kilomètres de Naples et 20 kilomètres de Salerne, fut il y a bien longtemps, une place forte du commerce et de la marine en Europe, et même au-delà. Cette ville coincée entre des montagnes culminant à plus de 1200 mètres et la mer, qui a donné son nom à la côté amalfitaine, est désormais le rendez-vous des stars et de ceux qui cherchent hors saison le calme et la beauté, nous propose aujourd’hui encore, malgré l’afflux des visiteurs, de très belles découvertes.

L’île de Procida, un monde en miniature au large de Naples

Procida la marina Corricella

La Marina Corricella résume bien la particularité de Procida : port de pêche abrité derrière des brises lames, façades orientales caractéristiques et colorées, coupole byzantine… Crédit photos www.viaggio-italia.fr sous licence Creative Commons

Que peut-on lire comme bêtises sur ce petit caillou posé à 4 kilomètres de la côté en face de Naples et Pouzolles… Tel Guide (dont la couverture affiche une couleur issue du mélange harmonieux du bleu et du jaune) vous prévient sans rire que l’île est restée la plus sauvage du Golfe de Naples alors qu’elle est peuplée depuis 3000 ans et affiche aujourd’hui 2500 habitants au kilomètre carré ! Tel autre guide vous expliquera doctement qu’on ne sait pas grand-chose de l’histoire de l’île car elle n’est pas bien documentée … Bien loin des clichés et du manque d’intérêt heureux des guides touristiques et des tours opérateurs, Procida est un petit bijou réservé aux curieux, tellement différent de ses grandes sœurs Capri et Ischia.

Maurizio De Giovanni, le maître du polar napolitain

Les polars de Maurizio De Giovanni vous emmènent dans une Naples authentique et insoupçonnée, bien loin des clichés ou de l'ultra-violence de Gomorra.

Les polars de Maurizio De Giovanni vous emmènent dans une Naples authentique et insoupçonnée, bien loin des clichés ou de l’ultra-violence de Gomorra.Crédit photos www.viaggio-italia.fr sous licence Creative Commons

Depuis quelques années le polar est sorti du ghetto dans lequel il se trouvait empêtré malgré les efforts de glorieux anciens. Désormais le polar n’est plus une littérature de gare, si tant est que Simenon ait pu être un jour une littérature de gare, mais trouve une place de plus en plus grande sur les étals des libraires et les plateaux télé. Cet engouement pour le polar nous a emmené ses dernières années en Europe du Nord, notamment avec la saga Millenium, il est désormais temps de foncer plein sud pour profiter du formidable vivier du polar italien, tracté par la locomotive Donato Carrisi. Désormais c’est le polar napolitain qui est à l’honneur avec le formidable Maurizio de Giovanni dont le dernier ouvrage « le No