Carnets de voyages en Italie et méditerranée

San Domenico Maggiore et la Cappella Sansevero, le cœur de Spaccanapoli

Sacristie de San Domenico Maggiore Naples
Sacristie de San Domenico Maggiore Naples

Sous la fresque de Solimena une galerie fait le tour de la sacristie de San Domenico Maggiore, recevant les sarcophages de nombreux rois aragonais de Napels, ainsi que de leurs familles.Crédit photos www.viaggio-italia.fr sous licence Creative Commons

De Spaccanapoli nous vous avons déjà expliqué l’organisation issue des decumanii grecs et romains, nous vous avons montré les splendeurs de Santa Chiara, vanté les Babàs de Scaturchio. Nous vous avons également invités à venir prendre un verre avec nous et les étudiants de l’Université Orientale de Naples sur la Piazza San Domenico Maggiore. Et bien restons autour de cette place et regardons autour de nous, de la façade mauresque du quartier général de l’ordre dominicain à la voisine chapelle Sansevero et son Christ voilé, nous avons beaucoup à faire !

 

 

 

À la découverte de San Domenico Maggiore, sur les traces de Saint Thomas d’Aquin et de Giordano Bruno

Sortir à Naples place San Domenico Maggiore

La Piazza San Domenico Maggiore vous accueille avec ses terrasses généreuses, ses bars, ses restaurants ,ses pâtisseries, le tout au pied de la ténébreuse basiliqueDi Luca Aless (Opera propria) [CC BY-SA 4.0], attraverso Wikimedia Commons

Construite sous le ordres de Charles II d’Anjou, Roi de Naples, à la fin du 13ème siècle, l’église San Domenico Maggiore fut le siège de l’Ordre des Dominicains pour le Royaume de Naples, puis l’église favorite des rois aragonais qui succédèrent à la dynastie angevine. Sa façade sévère marquée par les influences mauresques ne donne pas d’indices des chefs-d’œuvre qu’elle abrite.

Pourtant, une fois passé l’étonnant double-escalier intérieur qui nous mène de la place éponyme à l’intérieur de la basilique, l’importance du lieu ne fait plus de doutes ; les ors, les sculptures , les tableaux des plus grands maîtres napolitains (La flagellation du Christ du Caravage, aujourd’hui visible au Musée de Capodimonte, y séjourna même jusqu’en 1972) témoignent de cette grandeur passée.

Cependant, pour prendre la pleine mesure de ce que fut San Domenico Maggiore, il faut en visiter le couvent, le musée et la sacristie, où bien peu de curieux s’aventurent.

Fresque de Solimena à San Domenico Maggiore

Francesco Solimena, un peintre majeur du baroque napolitain a peint la fresque du plafond de la sacristie de San Domenico Maggiore, illustrant la victoire des idées de l’ordre des dominicainsCrédit photos www.viaggio-italia.fr sous licence Creative Commons

La puissance de l’ordre Dominicain est d’entrée illustrée par la spectaculaire fresque de Solimena qui orne le plafond de la sacristie, laquelle abrite sur tout le tour de son balcon les sarcophages des rois aragonais de Naples et de leurs proches.

Ces sarcophages ont été ouverts au XXIème siècle afin de vérifier leur contenu, et il s’avère que ceux-ci contiennent bien les momies en parfait état de conservation (du fait de la chaleur sèche qui règne dans cette pièce) de la famille royale d’Aragon à Naples. Les études menées sur ces momies ont permis d’apprendre beaucoup de choses sur l’état de santé de la famille et les (nombreuses affections) dont elle souffrait.

Salle du Trésor de San Domenico Maggiore

La salle du Trésor de San Domenico Maggiore, adjacente à la sacristie et aux sarcophages des rois aragonais de Naples, conserve de nombreux objets liturgiques, des bustes de processions en papier mâché, et les vêtements des rois et de leur famille, en parfait état de conservation, sans parler du pavement en majolique … Crédit photos www.viaggio-italia.fr sous licence Creative Commons

Jouxtant la sacristie, la salle du Trésor présente de riches objets liturgiques, des bustes de procession en carton pâte (plus léger à transporter – et moins chers! – que l’argent qu’ils imitent à la perfection), les vêtements des défunts reposant dans la sacristie sont conservés en parfait états dans des tiroirs, et le sol est orné de majoliques plus anciennes que celles de la Basilique Santa Chiara voisine.

 

Portrait de Saint THomas d'Aquin

Dans l’antichambre de la cellule de Saint Thomas d’Aquin se trouve ce portrait réalisé du vivant du Saint, qui montre une image bien différente du portrait de Solimena !Crédit photos www.viaggio-italia.fr sous licence Creative Commons

Saint Thomas d'Aquin par Francesco Solimena

Francesco Solimena a peint ce portrait de Saint Thomas d’Aquin, visible dans la cellule de celui-ci, 450 ans après sa mort et, bien que ce soit la représentation la plus connue de Saint Thomas d’Aquin, il s’avère que le portrait est loin d’être fidèle !Crédit photos www.viaggio-italia.fr sous licence Creative Commons

Ensuite, au gré des couloirs et des escaliers innombrables vous longerez les cellules des moines, dont celle de Saint Thomas d’Aquin et celle qui reçu plus tard Giordano Bruno, quelques années avant son supplice romain sur le Campo dei Fiori (1600).

Couloir du couvent de San Domenico Maggiore à Naples

Le couloir qui dessert les cellules moniale du couvent de San Domenico Maggiore abrite aujourd’hui une partie du MuséeCrédit photos www.viaggio-italia.fr sous licence Creative Commons

Le couloir qui dessert les cellules des moines sert aujourd’hui à exposer quelques souvenirs uniques de l’Ordre Dominicain, dont des écrits originaux de la main de Saint Thomas d’Aquin.

Saint Thomas d'Aquin enluminures

Parmi les pièces uniques que recèle le musée de San Domenico Maggiore se trouve cette page écrite de la main même de Saint Thomas d’AquinCrédit photos www.viaggio-italia.fr sous licence Creative Commons

Cette visite quasi-privative de telles splendeurs est un passage obligatoire de votre séjour napolitain !

La Cappella Sansevero, entre chefs d’œuvres de la sculpture napolitaine et machines anatomiques

les sculptures de la Chapelle Sansero

L’intérieur de la Cappella Sansevero rassemble sur un espace très réduit une densité inouïe de chef-d’œuvres de la sculpture baroqueBy David Sivyer [CC BY-SA 2.0], via Wikimedia Commons

L’appétit de découvertes bien aiguisé par cette visite de San Domenico Maggiore, il vous reste 200 mètres à faire en remontant depuis Spaccanapoli pour découvrir les joyaux de la sculpture baroque napolitaine de la Cappella Sansevero.

Cette petite Chapelle fut initialement intégrée au Palais Sansevero avant de devenir le tombeau familial de la famille Di Sangro à partir de 1610; mais c’est pour l’essentiel Raimondo Di Sangro qui commanda au 18ème siècle les éléments de décoration qui font aujourd’hui sa réputation internationale.

Raimondo di Sangro fut tout à la fois un écrivain, un inventeur, un anatomiste, un militaire, un alchimiste et un franc-maçon dont le moins que l’on puisse dire est qu’il a su retranscrire dans la décoration de la Chapelle son goût des corps des formes, et des défis.

Tout ici est inédit, de ces corps empêtrés dans un filet de pêche, à cette femme nue nimbée dans son voile de marbre sensée illustrer la pudeur (!!), jusqu’au si célèbre Christ Voilé de Giuseppe Sanmartino, grandeur nature et taillé, avec son linceul à fleur de peau, dans un seul bloc de marbre…

Le rendu du linceul recouvrant le corps du Christ est tellement stupéfiant qu’une légende prétendit que Raimondo di Sangro avait transmis à Sanmartino la formule alchimique permettant de transformer le tissu en marbre.

le Chrsit voilé de la Chapelle Sansevero

Giuseppe Sanmartino, principalement connu pour être un formidable créateur de santons napolitains a réalisé pour la Cappella Sansevero l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la sculpture baroque. La finesse et le naturel du voile recouvrant le Christ sont proprement stupéfiantsBy David Sivyer [CC BY-SA 2.0], via Wikimedia Commons

Pour ultime témoignage du mystère qui entoure la Cappella Sansevero vous croiserez en ressortant deux «machines anatomiques» de Raimondo di Sangro, à savoir deux squelettes sur lesquels ne subsistent que le système cardio-vasculaire, veineux et quelques organes; ce qui, vous vous en doutez, laissa pour les siècles à suivre la place à toutes les interprétations !

 

Mots-clefs : , ,

Vous aimerez aussi...

Commentaires (1)

  • patrice

    |

    Pas mal pas mal
    vivement cet automne !

    Reply

Laisser un commentaire

1 Partages